1976 – Retour au Sahara de In Salah à Tamanrasset (1)

par Gemini

Après la première tentative hélas écourtée, d’atteindre Tamanrasset, (Tam pour les initiés) ’’ la mythique ’’ , le désir de retrouver la magie des grands espaces s’étant gravé au fond de la mémoire et des cœurs, fut une motivation suffisante pour entreprendre une nouvelle expédition.

Carte Michelin n°153 – édition 1973

Revoir In Salah, dont le souvenir de la beauté paisible et enchanteur est ravivé. Le temps semble y avoir suspendu son vol, c’est avec ravissement que nous redécouvrons cette charmante bourgade.

Qu’il est agréable de flâner, faire plus ample connaissance avec les autochtones, ce qui permet également de glaner de précieux renseignements, afin de rallier Tamanrasset.

Avant de s’élancer dans cette aventure, a l’époque, il fallait se présenter a la Daïra d’In Salah , afin de signaler aux autorités le départ d’un véhicule à destination de Tamanrasset. On renseignait la marque, la couleur, le nombre de passager et la durée estimée du trajet… Mesure de sécurité importante car transmise aux autorités du lieu d’arrivée qui décidaient ,en cas de retard, de lancer des recherches pour retrouver les explorateurs en perdition…

Il faut compter grosso modo une semaine pour parcourir une distance approximative de 700 kilomètres, les valeurs étant aléatoires en Afrique, surtout ne pas sous-estimer les embûches et autres complications qui peuvent survenir a tout moment. Effectivement, les aléas de ce parcours sont nombreux, ce n’est pas vraiment une promenade de santé…

Mieux vaut aborder les premiers kilomètres de ce périple avec circonspection, sur une piste en sol « naturel », très mal balisée.

Malgré l’ aridité le paysage est varié, surprenant, inattendu, on peut y voir des arbres tordus, calcinés, des épineux décimés un peu partout, on y croise même un maigre troupeau se contentant de cette pauvre pitance.

De temps à autre on aperçoit les vieilles carcasses de véhicules abandonnés depuis belle lurette par leur propriétaire. On voit également des dépouilles d’animaux dont les os blanchissent au soleil… , des amas de grosses pierres noirâtres ressemblant a des météorites.

Cependant sur des tronçons relativement bien tracés, on peut suivre assez facilement une route en lacet qui se coule entre des collines aux couleurs changeantes, tantôt teintée de miel, tantôt faisant penser à un amoncellement d’anthracite, passant par le bleu ardoise suivant l’orientation de la lumière. Cela donne une impression d’irréel, d’un transport dans un autre monde.

Avec la complicité de la nuit, et sous la voûte étoilée, vers 21 heures, on peut repérer certaines constellations qui offre un spectacle radieux, inoubliable, une vision de rêve.

Dès la fine pointe de l’aube on se prépare à lever le camp. Après quelques heures de roulage, on croise un camion, à l’arrière duquel s’entasse un groupe de hippie, chantant à tue-tête, remontant soit de Tamanrasset, soit d’un autre lieu de rassemblement.

Chemin faisant, on aperçoit un véhicule similaire au nôtre stationné hors piste, visiblement en difficulté. Des bourlingueurs allemands au français aussi rudimentaire que notre vocabulaire, sommaire dans la langue de Goethe… La communication n’est pas aisée, à force de gestes et de baragouinage on comprend la nature du problème. Grâce à notre matériel emporté, on réalise un rafistolage de fortune leur permettant de repartir et d’effectuer de concert une partie du trajet jusqu’au moment où les reflets du soleil s’estompent, Une installation s’organise de commun accord en vue de passer une nuitée moins esseulés. Nul besoin de longs discours, puisque la concorde régnait.

Quand les premières lueurs du soleil apparaissent la petite caravane se met en mouvement et après quelques kilomètres, nos chemins se séparent. Nous nous adressons de grands signes, lançons un ’’auf wiedersehen’’, en écho un retentissant ‘’au revoir ’’ nous reviens.

Après ce sympathique intermède, pendant quelques brefs moments, une étrange sensation de vide s’installe.

La région étant a ce point fascinante que cette impression s’estompe rapidement. Le captivant spectacle de la lumière et des ombres jouant avec les plus déconcertants reliefs parviennent à combler cette éloignement. Terre de contraste démesurés, on retrouve certaines parties de piste en tôle ondulée, sur un terrain caillouteux, et des passages sablonneux.

Le désert n’est pas une contrée figée, immuable. Il est vivant, il murmure, il parle, il chante, quelque fois, il gémit, mais il faut arriver à percevoir ses messages. Il connaît les vents, qui façonnent et modulent ses dunes, érodent ses montagnes, falaises et collines. Il se fait complice des tourbillons qui emportent tout se qui se trouve sur leur passage. Témoin discrèt d’un passé millénaire, il a gardé l’empreinte de tout ceux qui l’ont foulés. A-t-il gardé la nostalgie de la période où il était verdoyant et peuplé d’une flore et d’une faune très riches, parsemé de contrées florissantes, de cultures abondantes ? Désormais, sous sa coupole azurée il ne laisse plus aucun nuage s’infiltrer, permettant plutôt une intensité d’ensoleillement maximal, préfère-t-il cet aspect inhospitalier voir hostile ?

Nul ne le saura jamais, il garde son mystère, cela fait partie de son énigmatique sauvage et attirante beauté. Il est encore imprégné des effluves venue des civilisations qui se sont succédées durant les ères précédentes. Le meilleur moment pour mieux humer sa fragrance est lorsque les rayons de l’astre du jour s’inclinent là-bas dans le lointain, avant de se dissimuler totalement a notre vue.

Quand l’obscurcissement est total, venu du fond des cieux calmes, il peut assister et admirer le coucher de la Grande Ourse et de ses ‘’Gardes ’’, ainsi que de sa voisine la Polaire. On ne peut que se sentir subjugué par le charme très particulier émanant de ce cet contrée chargée d’histoire. L’atmosphère qui y règne est a ce point puissante, qu’elle agit comme un envoûtement.

L’itinéraire vers Tamanrasset commence a être envahit part des ’’ touristes ’’ de tout acabit.. On y rencontre pêle-mêle, ce qu’il est convenu d’appeler les ’’puristes ’’, les casse-cou, les mordus de l‘aventure, les idéalistes, les inconscients, quelques snobs, parmi lesquelles se glissent les parvenus !

Contre toute attente, à une certaine distance, se dessine la cime de quelques palmiers. A notre grand étonnement nous découvrons un îlot de végétation. Ce site protégé d’une trop grande exposition au soleil, par un massif montagneux, a donné naissance à une guelta. Ce plan d’eau naturel favorise l’éclosion d’une petite oasis. Une aubaine, l’occasion d’une pause rafraîchissante.

Plusieurs voyageurs de tout crin ont établi un campement rudimentaire. Des véhicules en pièces détachées jonchent le sol… Il y règne une grande effervescence. Certains ont les nerfs à fleur de peau, car l’arrivée hypothétique d’une pièce de rechange tarde à venir !…

Une jeune femme, bizarrement vêtue, coiffée d’un bonnet de laine enfoncé jusqu’aux oreilles, déclare aller la pêche… ? Où ? Dans la marre aux canards…(sic) Effectivement, une mare se trouve à proximité, mais, pas le moindre poisson n’y nage…

Ne pouvant guère leur apporter d’aide, nous continuons notre pérégrination.

Pendant quelques heures nous restons solitaires. Soudain, deux motards apparaissent, juchés sur un engin, style bécane à moteur… chargé comme une mule. Ils font des efforts désespérés afin de rester en équilibre, rouler sur un revêtement aussi rude, sans prendre quelques billets de par terre est une gageure et ils ont eu maintes occasions de faire de belles culbutes.

Après avoir joué les sémaphores, tout le monde s’immobilise.

Étant donné qu’il faut passer une section particulièrement défoncée, l‘un d‘eux embarque à bord de notre camionnette. Passé ce cap, chacun repart de son côté.

Pour accéder aux gorges d’Arak, le parcours est délicat, certaines sections sont pénibles.Il faut se faufiler entre des falaises verticales, emprunter des cols très raides. Le site est encaissé entre des massifs et autres collines aux formes étranges, un véritable paysage lunaire, d’une exceptionnelle beauté.

On se retrouve dans labyrinthe merveilleusement sculpté par les caprices d’Éole. De nombreux petits canyons étroits, de larges lits d’oueds, de grandes poches d’eau si limpide que le ciel s’y reflète. Une vue superbe à couper le souffle !

De rares végétaux , cependant des lauriers roses, des myrtes (fleurs jaunes) se sont empressés d’y trouver abri. Des zones de pâturage où quelques nomades conduisent leurs chèvres.

La variété des teintes est unique, du pastel au bistre en passant par le mauve, une impressionnante forêt de pierre à l’aspect feuilleté offre un décor fabuleux et grandiose. On se sent transporté dans un autre univers.

Proverbe Touareg.

Si loin que nous portent nos pas, Ils nous ramènent toujours à nous-même

(à suivre) 

VOYAGE SAHARA 1973

par Gemini
 
En quête d’absolu on cherche à prendre de la distance par rapport au quotidien. Il ne faut pas résister à la tentation de se confronter à l’inconnu, ne pas craindre de se retrouver seul face à soi, afin de trouver la vérité en harmonie avec sa nature profonde.
Ne connaissant que la grisaille du Nord, les villes trop semblables entre elles, avec le temps qui s’ égraine à une cadence rituelle, pauvre en imprévus, l’imagination s’emballe et rêve de prendre de la hauteur.
 
Difficile d’escalader les immeubles-tours entre lesquelles le ciel n’apparaît qu’avec parcimonie.
Tout semble étriqué, réduit et broyé par cet environnement de béton qui étouffe et oppresse.
Comment se dégager de ce manque d’horizon enfumé, pollué où tout se confond dans une grisaille gluante collant à la peau ?
Comment se protéger des agressions dévastatrices de ce monde où une certaine facilité s’étale complaisamment sous la pellicule attrayante de la publicité (souvent mensongère…) ?
Partir loin, non pas définitivement mais plutôt pour un périple suffisamment long afin de reprendre son souffle, de se déraciner et entrer de plein pied dans un univers inconnu, là, où la chaleur humaine n’est ni factice, ni monnaie d’échange, mais spontanée et sincère.
Ce n’est pas une fuite, mais plutôt la recherche d’une autre dimension, enrichissante tant sur le plan moral que sentimental.
Se laisser griser par une (relative) liberté, se confronter à des éléments inconnus , découvrir si la sérénité se trouve là bas dans cette immensité encore vierge de l’empreinte dite ’’moderne…’’
Connaître le goût suave du silence, contempler le scintillement de myriades d’étoiles posées sur un firmament de velours, avec le soleil, le vent et le sable comme unique compagnie.
 
Pour savoir si toutes ces promesses se trouveront au bout du chemin , cap au Sud, direction des confins de l’Algérie, à bord d’un véhicule plus ou moins utilitaire, transformé pour la circonstance.

Traversée en bateau de Gènes vers Tunis,

Après le débarquement il faut traverser la Tunisie pour pénétrer en Algérie

Suite à des pluies torrentielles le paysage donne l’impression d’avoir été dévasté par un cyclone, tout est ruiné, poteaux arrachés, pancartes indicatrices disparues, la population donnait l’impression de ne plus reconnaître son  pays.

En effet, partout où le regard se porte on ne trouve que ravages et gadoue.

Cependant il faut trouver la direction de la frontière algérienne.

Arrivée à Nefta là où commence le Chott el-Jérid (dépression saline entre le golf de Gabès et la frontière algérienne).

Le décor s’est transformé en un immense marécage à perte de vue, tout n’est que désolation, donnant une sensation de fin du monde.

Pas question de céder au découragement, il faut accepter le challenge et trouver des points de repère pour poursuivre sa route en dépit du fait que le soleil, descend doucement à l’horizon se transforme en une immense boule rouge, colorant le ciel d’un flamboyant feu d’artifice.

Le moteur de notre vaillante embarcation donne l’impression de pousser des sinistres hurlements, les roues cherchent désespérément des points d’appuis. Cela prend des allures de slalom pas très artistique … Au fur et à mesure de l’assombrissement du ciel le spectre de l’enlisement s’insinue au fond de l’esprit. espérant que l’effort considérable demandé à la mécanique ne soit pas le début de la fin de l’expédition.

Aucun signe de vie ne se distingue sur cette terre ravagée, abandonnée, en proie au désarroi le plus total.

Là où se pose les yeux le sentiment de se retrouver nulle part, seul au monde , au bord du néant qui semble se trouver derrière une ligne lointaine, où le ciel et la terre semblent s‘unir.

En l’espace de quelques heures on se retrouve isolé face à une nature qui peut se révéler ingrate . Cela suffit à nous faire prendre conscience de notre insignifiance face à des forces qui nous dépassent.

Seul point de repère valable, des poteaux électriques repérés de loin en loin. Arriver quelque part, n’importe où, pas beaucoup d’importance.

Avec un air de défi le soleil lance ses derniers rayons avant sa complète disparition.

L’obscurité, pas encore totale, on finit par apercevoir enfin un vague reflet et l’espoir renaît.

Le moteur du véhicule, les essuies glaces, donnent des signes de faiblesse suite aux efforts titanesques auxquels ils sont soumis depuis un certain temps paraissant une éternité.

Tout est flou et imprécis, la pénombre a presque tout envahi.

Finalement une baraque  faiblement éclairée apparaît avec un écriteau portant la mention ’’Douane’’ !

Maintenant la nuit a laissé glisser son grand manteau sombre et enveloppe ce décor défiguré et meurtri.

Pour se faire pardonner des blessures terrestres la voûte céleste allume une a une les étoiles. Pareilles à des milliers d’éclats de diamant, elles irradient pour égayer avec splendeur  ce paysage fantomatique.

Quand finalement le moteur s’arrête, tout parait irréel et le silence s’installe, d’abord angoissant ensuite apaisant.

Dans la cabane plusieurs fonctionnaires discutent à la lueur vacillante de quelques lampes à pétrole. Le lieu semble imprégné d’une ambiance  qui, l’espace d’un bref instant, plonge dans l’atmosphère d’une hallucination.  

L’irruption de deux hurluberlus, sortis de nulle  part, provoque étonnement et surprise.  L’incrédulité se lit sur le visage des militaires mais cède très vite la place à la jovialité. En effet, depuis une semaine, plus aucun véhicule ne passait.

Dès les formalités d’usage terminées, sans plus attendre, il convient de prendre la direction de la frontière algérienne. Un douanier chaleureux et curieux inspecte sommairement le véhicule, souhaite bonne chance pour la suite du périple à destination de Tamanrasset.

A présent la prochaine étape, El Oued, pour une halte dans un petit hôtel.

Dès l’arrivée il s’agit de se repérer parmi le dédale des ruelles où, malgré l’opacité de la nuit, on distingue quelques ombres furtives apparaissant et disparaissant comme par magie.

Le lendemain,  enchantement !  Voici  la ville aux mille coupoles, le premier bourg du Sahara algérien baignant dans un halo luminescent.

En route pour Touggourt. A regret, car on a tout juste le temps  de jeter un regard admiratif à  la ville . 160 kilomètres nous séparent encore de Ouargla.

Arrêt  de courte durée dans cette cité-dortoir peu attrayante au coeur d’une zone pétrolifère…

Pour rallier Ghardaïa encore 190 kilomètres à parcourir !

Pour arriver à cette magnifique palmeraie,  il faut emprunter une route asphaltée. Cette voie étroite serpente  comme un long ruban noir  sous un ciel bleu vif dans lequel resplendit un soleil implacable.

Après plusieurs heures monotones, voici enfin l’orée de ce site à la fois surprenant et exceptionnel.

Au nord-est du Grand Erg occidental, on découvre une magnifique oasis (classée patrimoine mondial en 1982 par l’UNESCO ).

De l’extérieur la ville apparaît tout d’abord sous un angle rébarbatif.   En pénétrant à l’intérieur,  on est frappé par un  contraste  saisissant.

On aperçoit des façades colorées, agrémentées d’une riche variété de teintes: du bleu indigo au bleu lilas, au jaune pâle, voire au rose fané.

Le vert de la palmeraie et l’ocre des collines offrent un paysage chamarré. L’ architecture des rues et des maisons présente un spectacle où se  côtoyent arcades et meurtrières, qui surplombent de tortueux  passages en zigzag. Une foule bigarrée  s’y agite bruyamment.

Sous cette latitude la clarté décroît très rapidement.Il faut trouver un endroit pour bivouaquer , car le lendemain il s’agit de franchir une distance de 250 kilomètres pour gagner El Goléa.

Cette distance désertique s’étendant à perte de vue invite à la contemplation. Du paysage aride et déssèché,  se dégage néanmoins un puissant magnétisme qui attire comme un aimant.

Sous un soleil sans pitié, la température  voisine des 40° crée  une ambiance de fournaise accablante. Quelques monticules de pierres, des cailloux éparpillés: tel est le décor où le vent brûlant,  tantôt gjfle, tantôt caresse, soulève des nuages de poussière.

Deux étapes sont nécessaires pour atteindre le but. Le jour décline rapidement, point de crépuscule, la nuitée dépose son voile obscur dès 18 heures

La fraîcheur nocturne( le thermomètre chute aux alentours de 5° degrés,) oblige à s’emmitoufler et à se glisser dans le sac de couchage, après un frugal repas.

Alors le firmament déploie un écrin de satin dans lequel miroite une pléiade de perles argentées.

C’est dans ce cadre féerique que la lune apparaît, mutine, pâle comme l’opaline. elle prend ses quartiers pour veiller sur nos songes.

La possibilité de contempler ce fabuleux spectacle rend l’âme aussi légère que l’éther.

Bientôt, le ciel pâlit .Doucement, comme par enchantement l’aurore apparaît et la nuit se retire à regret..

Les premières lueurs de l’aube auréolées de pastel apparaissent pour annoncer l’arrivée du souverain des cieux, qui ne tarde pas a faire étinceler le ciel. Lentement,  il s’élève. Il parvient à son zénith. L’intense rayonnement de l’astre solaire impose alors un repos de quelques heures en attendant que la lumière soit moins aveuglante.

Finalement El-Goléa surgit comme sortie de terre. Apparaît d’abord une oasis luxuriante, fascinante, enchanteresse, baignée par une luminescence apaisante.

Ensuite l’attention est attirée par le ksar (le fort) au sommet d’un rocher. Ses ruines témoignant d’un passé glorieux dominent toute la palmeraie. Il semble avoir gardé son arrogante fierté d’autrefois et invite à l’escalade, promesse d’un superbe panorama.

Quelle merveille ! Quel ravissement ! L’ocre rouge, le vert des palmiers, le blanc des coupoles : une chatoyante symphonie de couleurs chante la louange de la bien nommée  »perle du désert ».

La touche exotique des fruits, des légumes et des fleurs couronne ce spectacle d’où émane comme un souvenir de l’âge d’or, une réminscence du jardin d’Eden.

Entouré de sable, de rocs, d’amas de cailloux et de monticules de pierres, ce havre de volupté contraste avec la sèche et épineuse nudité qui l’environne, et la découverte de ce verdoyant coin de paradis n’en est que plus délicieuse.

L »étape suivante conduit à In Salah. Le paysage s’annonce pittoresque, mais la route goudronnée (?) en mauvais état rend le parcours ardu. Il est préférable d’emprunter une voie parallèle au risque de voir le véhicule endommagé par la caillasse.

Après quelques heures de roulages débute le plateau du Tademaït. Cette vaste région ne présente point un relief morne et terne, mais bien une succession de monts, massifs, et des zones steppiques créant une ambiance lunaire, avec une impression d’infini, là, l’isolement est complet.

Mais soudain, ce décor désertique s’anime sous l’effet de petites tornades qui emportent avec elles sable, poussière et cailloux. Leurs tourbillons teintent le ciel d’un gris délavé. ce sont d’étranges apparitions pareilles à des spectres qui s’évanouissent comme des mauvais rêves pour permettre à l’horizon de retrouver sa clarté et au soleil de briller à nouveau..

Lors d’une courte halte , un son assez vague mais prolongé se fait entendre, puis s’intensifie, tandis qu’un point se dessine et grossit dans le lointain. Serait-ce un mirage ? Non, il s’agit bien d’un véhicule transsaharien qui, enveloppe dans un nuage sablonneux, déchire le silence avant de s’immobiliser dans un fracas assourdissant.

L’homme au volant s’assure que tout va bien. Dans cette contrée hostile, la solidarité est naturelle, spontanée et sans réserve.

Soudain, la nuit, le simoun selève et le frêle véhicule se met à tanguer à la grande frayeur de ses occupants.

En effet ce violent déchaînement venteux s’accompagne de sifflements mêlés à de sinistres mugissements. Dans ces conditions impossible de se blottir dans les bras de Morphée.

Après cet épisode chaotique et tourmenté,  le périple se poursuit.

Désormais, le parcours emprunte une sinueuse piste à lacets, que les fréquents passages de divers camions ont transformée en une sorte de tôle ondulée rendant le voyage rapidement insupportable.

Empruntant un passage équidistant, il s’agit de garder en point de mire les balises qui jalonnent le trajet, car si l’on n’en tient pas compte on risque de se retrouver aux antipodes de la destination finale.

Enfin apparaît In Salah, ville perdue dans les dunes sous un ciel de feu. L’un des endroits le plus chaud du Sahara. Le thermomètre affiche  50° à l’ombre.

Au milieu de nulle part, tel un joyau écarlate noyé dans une mer de sable doré. Quelques édifices en forme de pain de sucre paraissent surmontés d’un capuchon d’un blanc neigeux, Leurs couleurs tranchent avec la palmeraie verdoyante et leur sobriété contraste avec l’exubérance du décor naturel environnant.

Ce ne fut pas une joyeuse entrée…

Malgré un magnifique portail noble et imposant qui accueille les visiteurs. En ce début d’après midi, pas âme qui vive, la cité est déserte, à cause de la chaleur accablante.

Des habitations cubiques de style soudanais, des rues sableuses s’animent peu à peu dès que la température descend de quelques degrés.

La population est composée en majorité de nigériens, de soudanais ainsi que de touaregs sédentarisés.

L’endroit ne manque pas d’attrait. Néanmoins, c’est le moment de faire un bilan mécanique. Il est navrant ! Avec mille regrets au cœur, il faut se résoudre au retour à la case départ !

CEPENDANT CE N’EST QU’UN AU REVOIR !!!(à suivre)